Ce que recouvre le mot « lignée »
Le mot lignée n'a pas de définition officielle. Aucun règlement ne l'encadre, aucun document ne le certifie, aucune instance ne l'attribue. C'est un mot d'usage, employé par les éleveurs pour désigner ce qu'un pedigree laisse voir lorsqu'on le lit sur plusieurs générations : une suite de choix de reproduction apparentés, conduits dans une direction.
Ce site retient la définition de travail suivante, appliquée à toutes ses pages.
Quatre mots sont régulièrement employés l'un pour l'autre. Les distinguer suffit à suivre la plupart des conversations d'élevage.
- Lignée
- Suite d'ascendants apparentés reliée par des choix de reproduction répétés. On parle de la lignée d'un chien, c'est à dire de ses ascendants, ou de la lignée d'un élevage, c'est à dire des familles qu'il a construites.
- Famille
- Ensemble plus large que la lignée : elle comprend aussi les collatéraux, frères, soeurs, oncles et tantes, qui ne figurent pas dans le pedigree du chien mais qui renseignent sur ce que la lignée produit réellement.
- Souche
- Population de départ à partir de laquelle un élevage travaille, le plus souvent quelques femelles et un ou deux mâles. Une souche se juge à ce qu'elle a produit sur trois générations, pas sur un sujet.
- Affixe
- Nom d'élevage accolé au nom du chien. Il identifie le producteur, pas la lignée : deux chiens portant le même affixe peuvent n'avoir aucun ascendant commun proche.
Un chien peut donc appartenir à un élevage sans appartenir à sa lignée principale, et deux chiens de deux élevages différents peuvent relever de la même lignée. C'est le pedigree, et lui seul, qui tranche.
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L'origine du Bull Terrier
Du Bull and Terrier au chien de compagnie : le croisement fondateur et ses raisons.
Pièce I.01 -
Les grands géniteurs historiques
Les reproducteurs fondateurs cités par la littérature de race et leur empreinte.
Pièce I.02 -
L'évolution du type
Comment la tête ovale, marque de fabrique de la race, est apparue puis s'est fixée.
Pièce I.03 -
Branche anglaise, branche américaine
Une même race, deux traditions de sélection et deux façons de lire un pedigree.
Pièce I.04
Les quatre temps de la construction de la race
La construction du Bull Terrier tient en quatre séquences. Aucune ne s'est jouée en un jour, mais chacune a laissé une trace visible sur le chien d'aujourd'hui.
| Période | Ce qui se joue | Ce qu'il en reste |
|---|---|---|
| Avant 1850, en Angleterre | Des croisements entre le bouledogue de l'époque, chien lourd et bas, et différents terriers donnent un type intermédiaire appelé Bull and Terrier. Ce n'est pas encore une race : c'est un type, décrit par son usage et non par un texte. | L'ossature, la puissance de la mâchoire et la vivacité du terrier. |
| Années 1860, à Birmingham | James Hinks travaille ce type pour obtenir un chien plus élégant, plus droit sur ses membres et entièrement blanc. La littérature de race cite la présentation d'un sujet blanc en 1862 comme le point de bascule. | La robe blanche, la silhouette redressée, et le surnom de White Cavalier resté attaché à la race. |
| De 1885 aux années 1930 | La variété devient une race écrite : l'American Kennel Club enregistre la race en 1885, un club de race britannique se constitue à la fin des années 1880, puis les robes colorées sont officiellement admises dans les années 1930. | Un standard commun, et la coexistence des sujets blancs et colorés dans le même livre généalogique. |
| De 1939 à aujourd'hui | La variété miniature obtient un registre distinct au Royaume-Uni en 1939, puis la reconnaissance de l'American Kennel Club en 1991. La race se diffuse et se décline en populations nationales, décrites par la Fédération cynologique internationale sous le standard numéro 11. | Deux gabarits, des populations nationales de tailles très inégales, et une tête devenue la signature de la race. |
Ces quatre temps expliquent une particularité de la race : elle a été fermée très tôt sur un petit nombre de fondateurs, puis rouverte une seule fois, au moment de la réintroduction des robes colorées. Tout ce qui circule aujourd'hui dans les pedigrees passe par ces deux portes.
Pourquoi la généalogie explique le chien d'aujourd'hui
Une décision de sélection prise il y a un siècle continue de produire ses effets, parce qu'un chien ne transmet pas ce qu'il est mais ce qu'il porte. Trois exemples suffisent à le montrer, et chacun a sa page dans ce fonds documentaire.
- La morphologie. Le profil de tête convexe n'existait pas à la création de la race : il a été obtenu par sélection continue sur plusieurs décennies, jusqu'à devenir le premier critère de reconnaissance de la race. L'évolution du type raconte cette fabrication.
- La santé. La période où seuls les sujets blancs étaient recherchés a concentré dans la population les mécanismes de dépigmentation, dont l'un touche aussi l'oreille interne. C'est l'origine directe du lien entre robe blanche et surdité.
- Le tempérament. Les usages d'origine ont sélectionné des chiens résistants et déterminés, avant que la sélection ne bascule vers le chien de compagnie. Ce déplacement est lisible dans ce que le standard écrit du caractère.
La généalogie n'est donc pas un supplément d'histoire ajouté à la description d'une race. C'est l'explication de cette description : le standard décrit une cible, la généalogie décrit le chemin par lequel on s'en approche, et les pages de santé décrivent ce que ce chemin a laissé au passage.
Comment lire les pages de ce fonds
Les quatre pièces de ce fonds se lisent indépendamment, mais elles ont été écrites dans un ordre qui suit la chronologie de la race.
- L'origine du Bull Terrier pose le point de départ : quel croisement, dans quel but, et pourquoi le blanc.
- Les grands géniteurs historiques expliquent le mécanisme qui fait qu'une poignée de chiens se retrouve derrière toute une population, et comment on mesure cette empreinte.
- L'évolution du type montre comment une caractéristique physique absente au départ devient, en quelques décennies, le critère principal de la race.
- Branche anglaise et branche américaine clôt le fonds sur la situation actuelle : une seule race, deux traditions de sélection, et ce que cela change à la lecture d'un pedigree.
Un lecteur pressé peut commencer par la dernière : c'est celle qui répond aux questions posées devant une annonce ou un pedigree. Un lecteur qui veut comprendre commencera par la première.