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Lignée Bull Terrier Fonds documentaire de la race

Généalogie · Pedigree · Santé des lignées

Fonds II · Lire un pedigree · Pièce 03

Lire les générations d'un pedigree

Chaque colonne d'un pedigree double le nombre d'ancêtres et divise par deux leur poids attendu. C'est la clé arithmétique qui permet de relativiser un ancêtre prestigieux.

Le compte des ascendants, colonne par colonne

Le tableau d'ascendance obéit à une arithmétique élémentaire : à chaque colonne, le nombre d'ancêtres double et la contribution attendue de chacun est divisée par deux.

Ascendants et contribution attendue, colonne par colonne
ColonneAncêtres à ce rangTotal cumuléContribution attendue de chacun
1re : parents2250 %
2e : grands-parents4625 %
3e : arrière-grands-parents81412,5 %
4e16306,25 %
5e32623,125 %

Un pedigree dit « sur quatre générations » affiche donc 30 ancêtres, et un pedigree sur cinq générations en affiche 62. Ces nombres sont théoriques : ils supposent que les 30 ou 62 cases sont occupées par 30 ou 62 chiens différents. Dans une race fermée, ce n'est presque jamais le cas, et c'est précisément ce que l'on cherche à voir.

Le mot contribution demande une précision. Il s'agit d'une espérance statistique, pas d'une mesure. Un chien reçoit exactement la moitié de son patrimoine de chaque parent, mais la part effectivement reçue d'un grand-parent donné varie autour de 25 % selon le tirage de la méiose. Plus l'ancêtre est éloigné, plus l'écart possible est grand, et plus la moyenne perd de son sens pour un individu.

Tableau généalogique canin sur cinq générations montrant le doublement du nombre d'ascendants à chaque colonne
PlancheCinq colonnes, trente ancêtres, des poids très inégaux.

Sens de lecture et conventions

La mise en page est conventionnelle et se lit toujours de la même façon.

  • Le chien décrit est à gauche, seul dans sa colonne. Les générations se déploient vers la droite.
  • Le père occupe la moitié supérieure du tableau, la mère la moitié inférieure. Cette convention est constante : la branche paternelle se lit en haut, la branche maternelle en bas.
  • À l'intérieur de chaque branche, la même règle se répète. Dans la moitié du père, le quart supérieur est celui de son propre père, le quart inférieur celui de sa mère, et ainsi de suite.
  • Chaque case est autonome. Elle porte le nom complet du chien avec son affixe, son numéro d'inscription et, selon les registres, ses titres et mentions.

Une conséquence pratique : il n'est pas nécessaire de lire les cases dans l'ordre. Pour situer un ancêtre, il suffit de repérer dans quel bloc il se trouve. Un nom placé dans le huitième supérieur du tableau est l'arrière-grand-père paternel par la voie mâle, sans qu'il faille suivre aucune ligne.

Repérer un ancêtre répété

C'est l'opération la plus utile de toute la lecture d'un pedigree, et elle ne demande qu'un crayon.

  1. Lire uniquement les noms, en ignorant tout le reste. Titres, numéros et mentions font perdre du temps à ce stade.
  2. Souligner tout nom déjà rencontré. Parcourir le tableau case par case, de haut en bas, en marquant chaque doublon dès la deuxième occurrence.
  3. Noter le rang de chaque occurrence. Un nom présent deux fois en troisième génération ne se lit pas comme un nom présent une fois en deuxième et une fois en cinquième.

Le résultat de ces trois minutes est le portrait de la lignée. Aucune répétition sur quatre générations indique un accouplement entre origines non apparentées, au moins sur cet horizon. Une ou deux répétitions en troisième et quatrième génération sont la situation la plus courante dans une race fermée. Des répétitions nombreuses et proches signalent un accouplement consanguin volontaire, qui peut être parfaitement maîtrisé mais doit alors être expliqué.

La conversion de ces répétitions en un chiffre unique s'appelle le coefficient de consanguinité, et son calcul est détaillé dans la page qui lui est consacrée.

Combien de générations regarder vraiment

La question revient constamment, et elle mérite une réponse chiffrée plutôt qu'une réponse de principe.

Deux réserves importantes accompagnent cette réponse.

La première : les générations lointaines cessent d'être négligeables dès qu'un même ancêtre s'y répète. Dix occurrences en sixième génération représentent ensemble une contribution attendue supérieure à celle d'un grand-parent. C'est pour cette raison que les coefficients de consanguinité calculés sur des généalogies profondes donnent des valeurs bien plus élevées que ceux calculés sur cinq générations.

La seconde : ce qui intéresse un éleveur n'est pas la même chose que ce qui intéresse un acheteur. Un acheteur veut savoir d'où vient le chien qu'il a devant lui, quatre générations lui suffisent. Un éleveur qui conduit une souche sur vingt ans travaille sur des généalogies aussi profondes que le registre le permet, parce qu'il gère une population et non un individu.

Le cas des pedigrees incomplets

Il arrive que des cases soient vides ou qu'une branche s'arrête net. Trois situations expliquent presque tous les cas.

  • La profondeur du registre. Un livre généalogique n'a pas toujours enregistré les mêmes informations. Plus on remonte, plus les données sont sommaires, et à partir d'un certain rang elles s'arrêtent.
  • Une inscription à titre initial. Un chien admis sur examen, sans ascendance connue, ouvre logiquement une branche vide. Ce n'est pas une anomalie, c'est le mode d'entrée prévu par le règlement.
  • Un import mal repris. Un ascendant né à l'étranger peut voir son ascendance tronquée lors de la transcription dans un autre registre. Elle existe, mais dans un autre livre.

Une branche interrompue n'invalide pas le document. Elle limite la lecture : un coefficient de consanguinité calculé sur une généalogie incomplète est sous-estimé, puisque les ancêtres manquants ne peuvent pas être comptés en double. Une valeur basse sur un pedigree lacunaire n'a donc pas la même signification qu'une valeur basse sur un pedigree complet.

Suite : l'exemple commenté