Comment mettre en forme un standard sans le dénaturer ?
La règle est double : la forme doit servir la lecture, et elle ne doit rien ajouter au texte. Une plaquette qui simplifie le standard est utile ; une plaquette qui le reformule crée une deuxième norme, et c'est le début de la confusion.
C'est un problème connu de la communication : les repères du design et des supports de communication décrivent les mêmes arbitrages pour tout document public, lisibilité, hiérarchie, fidélité au message. Le standard de race est un cas particulier de ce problème général.
Le support réussi est celui qui se fait oublier : le lecteur retient le texte du standard, pas la maquette. Quand la forme prend le dessus, elle commence à dire le standard à sa manière.
Le standard est un texte qui doit circuler
le standard officiel est un texte juridique de la cynophilie, déposé, daté, numéroté. Pour le Bull Terrier, c'est le standard FCI numéro 11. Mais ce texte ne sert que si les gens qui s'en servent, juges, éleveurs, acquéreurs, peuvent le lire.
Le passage du texte officiel à la fiche de lecture est donc un problème de traduction : le même contenu doit passer du document juridique au support de terrain sans perdre sa précision. C'est un travail de mise en forme autant que de fond.
La Fédération cynologique internationale publie les standards dans leur forme canonique ; tout le travail des clubs consiste à faire vivre ce texte sans le réécrire.
Ce que la plaquette de club doit au texte
Trois fidélités. La fidélité des termes : les mots du standard sont des termes techniques, 'ovale', 'descendu', 'fort', qu'on ne paraphrase pas sans les déplacer. La fidélité des proportions : le texte hiérarchise, la plaquette doit hiérarchiser pareil.
La fidélité des limites enfin : le standard dit ce qui est recherché, toléré, éliminatoire. Un support qui gomme les éliminatoires produit un standard plus aimable et moins vrai.
La page miniature ou standard montre l'enjeu : une limite de taille qui change de formulation change de sens, et la variété avec.
Le support change-t-il le sens ?
Oui, et les historiens de la race le savent : la manière dont un standard a été diffusé a pesé sur la manière dont il a été appliqué. Un texte illustré autrement, résumé autrement, hiérarchisé autrement produit un chien autrement.
Les éditions successives du standard du Bull Terrier le montrent : chaque refonte a accompagné un déplacement du type, et le support de lecture a accompagné le déplacement. Le texte juge la race, et la façon de le lire juge le texte.
Le club qui édite un support de lecture fait donc plus qu'un travail de communication : il fait un acte d'interprétation, et il doit le savoir.
Ce que le lecteur doit à la version qu'il lit
La première question du lecteur doit être : quelle version est-ce ? Le texte FCI canonique, la fiche de club, le résumé de site ne se valent pas ; ils se lisent avec des exigences différentes. Seul le texte canonique fait référence.
La seconde question : qui a produit cette version ? Une plaquette de club de race a une responsabilité ; un résumé de blog en a une autre. Le fonds lit les deux, mais ne cite que la première.
Le standard est le seul texte de la race qui engage tout le monde : sa circulation mérite le soin qu'on met à l'écrire.
La façon de lire une race présentée en plusieurs variétés est détaillée dans la lecture d'une race à variétés.